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9 novembre

Le clou


Je suis un clou. Un clou qui dépasse de la Planche. Chaque jour je reçois des coups de marteau pour achever de m’enfoncer dans cette Planche que vous voulez si belle et si parfaite. Mais le monde n’est ni beau, ni parfait. Vous, vous êtes la main qui tient le marteau. Vous tapez, vous tapez de toutes vos forces. Mais je ne rentre pas dans votre Planche. Je ne rentrerai jamais.

 

J’étais un clou neuf, rutilant, brillant d’un éclat unique. Je regardais droit devant moi, je me sentais vivant. J’étais jeune et je ne voyais pas s’approcher cette ombre menaçante au dessus de ma tête. J’ai senti les doigts se serrer autour de moi, mais je n’y ai pas prêté attention. Je croyais que toujours, je resterais ce clou exceptionnel. Mais vous n’avez jamais supporté la singularité. Alors vous avez cherché le moyen de me normaliser. Alors vint le premier coup.

 

Le choc fut si violent qu’il ne resta plus de moi, dépassant de la Planche, pas plus que la moitié de ce que j’étais jadis. Comme un coup de massue, d’une masse, d’une matraque, ce premier heurt failli me faire disparaître définitivement. Encore étourdi par le contrecoup d’un tel déchaînement de violence, je tentai maladroitement de reprendre mes esprits, essayant de me redresser pour sortir de la Planche. Mais je me rendis bientôt compte de l’inutilité de cette tentative. Qu’importe, me dis-je. Je ferai fi de ce coup du sort, et me maintiendrai toujours hors de cette Planche dont on désire tant que j’épouse la planitude. Je gardai la tête haute.

 

Alors vint le deuxième coup.

 

S’ensuivirent des dizaines, des centaines, des milliers d’autres coups. À chaque minute, chaque heure, chaque jour, un marteau venait me rappeler ma position inadéquate. Plus vraiment en dehors, mais jamais entièrement enfoncé à l’intérieur de la Planche. Et le pire, c’est que ce n’était jamais la même main qui tenait le marteau.

 

J’ai ainsi supporté des milliers de coups, m’enfonçant un peu plus à chaque fois, tentant tant bien que mal de garder la tête hors de la Planche. J’ai résisté tant que j’ai pu.

 

J’ai subi les coups consécutifs de cent marteaux enflammés tenus par cent mains hargneuses. Parfois, j’ai du lutter contre un seul marteau, mais tenu d’une main de fer, frappant plus fort que toutes les mains que j’avais bravées jusqu’alors. J’ai défié Thor et espéré Ragnarök.

 

Puis j’ai reçu un coup de travers. Un de ces coups dans le dos qui vous font baisser la tête, et dont rien ne pourra jamais la faire se redresser. J’ai plié sous le poids du choc. J’ai tant plié que ma tête s’approcha dangereusement de la Planche, jusqu’à la frôler.

 

Et puis on m’oublia.

 

Le temps a fait son œuvre, je ne suis aujourd’hui plus qu’un vieux clou rouillé. Bien sûr, je reçois encore de temps en temps quelques coups de marteau, juste pour me rappeler que je ne suis pas à ma place. Et je sais que le jour viendra où vous vous rendrez compte que je n’ai jamais tenu la Planche. Je ne sers à rien, sinon à vous énerver. Vous essayerez encore mille fois de m’enfoncer pour me faire rentrer entièrement dans la Planche, et quand vous comprendrez que c’est impossible, vous lâcherez vos marteaux pour prendre des tenailles. Vous essayerez de m’arracher de votre si belle Planche. En vain. Sous l’effet de vos coups successifs, mon corps abîmé s’est couvert d’échardes, comme pour se protéger. Plus vous vous débattrez pour tenter de me retirer, plus je m’agripperai, et plus vous risquerez d’arracher avec moi une partie de votre Planche, qui n’aura dès lors plus rien de si parfait. Vous m’avez façonné tel que je suis aujourd’hui. Pour m’avoir crée, jamais vous ne pourrez vous débarrasser de moi.

 

Et puis, soyons honnêtes : vous avez trop besoin de moi. Vous avez tellement besoin de vous défouler sur moi pour oublier toutes vos contrariétés, que vous ne pourriez plus vous passer de moi. Je suis votre mal nécessaire.

 

J’espère que vous vous épuiserez à tenter de m’éliminer, que vous en serez éreintés. J’espère que vous vous couperez à mon contact. Peut-être même attraperez-vous le tétanos. Demandez-vous alors ce qu’il serait advenu si vous m’aviez laissé tranquille. Si vous n’aviez jamais voulu me formater, m’uniformiser aux autres clous si parfaits dans votre Planche si parfaite. Peut-être comprendrez-vous que si je n’avais reçu tant de coups, si même je n’avais jamais reçu un seul coup, je serai sûrement parti de moi-même. Un coup de vent m’aurait sans doute balayé, et vous ne m’auriez plus jamais revu. Mais il est trop tard maintenant. Je suis dans votre Planche, débordant en partie, et je résiste.

 

Je suis un clou. Un clou qui dépasse de la Planche.


24 février

Le Pouvoir des Mots

 

Si les idées sont des armes dont les mots sont les balles, assurez-vous que votre chargeur ne soit jamais vide, afin que jamais, vous ne manquiez de munitions. Ayez toujours une cartouchière à l’épaule.

 

Bénissez chacune de vos balles, comme si c’était la dernière. Sentez votre doigt sur la détente, et sachez pourquoi vous la pressez.

 

Visualisez la trajectoire du projectile avant même que le coup ne parte, ainsi vous saurez où vos idées vous mènent. Ce ne sont pas les mots qui dirigent vos pensées, mais vos pensées qui ouvrent la voie aux mots.

 

Etudiez la balistique, connaissez vos armes les yeux fermés. Ressentez-en chaque partie, le manche, la gâchette, le chien, le barillet, la douille. Sentez la percussion, puis la balle traverser le calibre avant de fuser dans l’air. Il est important de connaître chacun des mots qui composent vos idées avant que ceux-ci ne s’échappent du canon.

 

Avant même d’avoir appuyé sur la gâchette, soyez sûr que votre balle a déjà atteint sa cible. Il n’est pas de mot qui touche s’il n’est pas sincère. Et si les vraies balles peuvent traverser le mur du son, nos idées doivent savoir atteindre la vitesse de la lumière.

 

Mais ne vous méprenez pas sur votre cible, et ne sous-estimez jamais l’efficacité de votre arme. Ne visez jamais un adversaire sans avoir précédemment compris la portée de vos actes. Ne tirez jamais trop vite. Ne tirez jamais dans le vide. Nos balles sont trop précieuses pour être perdues.

 

Que vos balles prennent le temps de s’affûter avant de sortir. Qu’elles fassent mouche à chaque fois. Aux armes automatiques tirant mille mots inutiles, préférez l’arme dont la balle unique sera dans le mille à coup sûr. Et rappelez-vous toujours qu’une fois la balle tirée, nul retour en arrière n’est possible.

 

Quand vous aurez compris cela, alors vous pourrez être fiers de voir vos enfants faire leurs premières armes.

 

 Partez aux champs la fleur au fusil. Que vos paroles soient des tranchées pour vous protéger des persécutions. Bombardez vos ennemis d’idées nouvelles, mitraillez-les de mille questions. Touché. Que vos mots claquent dans l’air. Touché. Que jamais ne s’arrête le bruit du canon qui tonne. Touché. Que toujours vos paroles « raisonnent ».

 

Ne vous rendez jamais. Ne déposez jamais les armes, car vos idées sont le dernier rempart de votre esprit. Préférez mourir sur le champ de bataille. Tirez jusqu’à votre dernière cartouche, et ne retournez jamais vos armes contre vous-même.

 

Résistez. Sous la torture, résistez. La mâchoire brisée, résistez. Que vos yeux soient des épées qui transpercent la cuirasse de leurs esprits fermés. Face à la mort, résistez. Que votre corps se dresse face à leur peloton, et dans un dernier cri, qu’explosent vos pensées.

 

 

Alors, quand bien même nous serions tous morts, nos paroles, par leur humanité même, auront battu leurs machines de mort.

17 février

À ceux qui sont partis...

 

Je pourrais prétendre que cette lettre se passe de commentaire, mais ce serait mentir. J'ai récemment perdu trois membres ma famille à très peu de temps d'intervalle, et la douleur morale s'en est fait ressentir. Je n'ai pas pu trouver les mots pour mon oncle ni pour mon grand-père, la détresse ayant tout emporté. Mais lorsque ma grand-mère s'en est allée à son tour, j'ai compris que je devais puiser en moi la force de lui écrire une lettre. Je n'ai pas trouvé le courage de la lire lorsque nous lui avons fait nos adieu, et peut-être est-ce pour cela que je la mets en ligne aujourd'hui. Non pas pour recevoir de la compassion, mais pour que les personnes qui liront cette lettre ne fassent pas les mêmes erreurs que j'ai pu faire. J'aurais aimé écrire quelques mots pour mon grand-père. J'aurais surtout aimé le voir plus heureux de son vivant. Cette lettre est dédiée à tous les êtres chers qui nous quittent toujours trop tôt...

 

"Ma tendre Mamie,

 

Aujourd’hui, je t’écris cette lettre, alors que je n’ai jamais pris le temps de t’en écrire une lorsque j’en avais encore l’occasion.

 

J’entends encore ta voix, douce, frêle et rassurante, réciter ces poèmes que tu avais écrits à l’été de ta vie. C’est maintenant que je réalise que cette voix était un cocon de tendresse qui réchauffait nos oreilles et nos cœurs. Peut-être était-ce pour cela que Sylvian et moi aimions tant t’embêter en te posant des questions saugrenues. Parce que ta voix nous réconfortait plus qu’une bonne soupe au creux de l’hiver. Nous n’étions jamais rassasiés de tes mots doux, de tes surnoms affectueux et nous ne le serons malheureusement plus.

 

Tes paroles n’étaient pas les seules douceurs que tu avais à nous offrir, et quand nous venions déjeuner chez vous, nous ne manquions jamais de rien. Tu disais que c’était parce que nous étions trop maigres, mais nous savons que c’était par amour que tu nous préparais toujours trois entrées, deux plats de résistance et au moins autant de desserts. Ta délicieuse tarte aux pommes me manquera aussi, car c’était et ça restera la meilleure qu’il m’ait été donné de manger.

 

Je me rappelle encore de ces fois où tu nous parlais de ta jeunesse. J’ai surtout retenu deux choses. La première, c’est que tu aimais le chocolat. C’est d’ailleurs une des nombreuses qualités que tu as su transmettre à tes enfants et tes petits enfants ! La seconde, c’est que tu étais jolie jeune fille - mais tu savais rester modeste quand tu nous disais cela. Je n’ai peut-être pas vu beaucoup de photos de toi étant jeune, je me rappelle juste d’une photo de toi et papy, datant sûrement de votre mariage, où vous étiez rayonnants de bonheur. Et même sans cette photo, je sais que tu as été une femme aimante et formidable, car tu as été une grand-mère aimante et formidable. Tu n’as jamais hésité à te lever en pleine nuit quand nous dormions chez vous et que je faisais un cauchemar, et à venir me rassurer pour mieux m’aider à me rendormir. Aujourd’hui, c’est mon tour d’être là pour toi. J’espère que ma présence t’aidera à partir plus paisiblement dans ton voyage vers le grand sommeil.

 

Une simple lettre ne suffira pas pour évoquer tous les bons souvenirs que je garderai de toi, et je ne veux pas te retenir plus longtemps. J’aurais aimé te connaître plus. J’aurais voulu passer plus de temps avec vous, avec tous ceux qui nous ont quittés aujourd’hui. Je ne t’ai peut-être pas assez dit je t’aime, mais au fond de nous-même, nous le savions sans avoir besoin de le dire.

 

Je ne sais pas où tu te trouves maintenant, si tu peux nous voir et nous entendre. Je suis sûr que tu vas retrouver avec bonheur ton mari et ton fils Jocelyn. Dis leur de notre part à tous que nous vous aimons.

 

Un jour j’espère, nous serons de nouveau réunis tous ensemble pour le plus beau des repas de famille, alors, en attendant ce jour…

 

… Garde nous une tarte aux pommes bien au chaud…

 

Tendrement.

 

Ton petit-fils, Jean-Laurian"

1 juillet

Eastwood entre héritage et mutation du genre

L'Homme des Hautes Plaines, de Clint Eastwood (1972)

 

 Un mystérieux étranger arrive dans une ville du sud-ouest américain et se fait rapidement remarquer par ses exploits au pistolet. Les villageois lui proposent alors de devenir le nouvel ange-gardien de la ville, et sont prêts à tous les sacrifices pour se protéger des bandits qu'ils ont fait emprisonner quelques années plus tôt et qui s'apprêtent à revenir. Mais ont-ils vraiment affaire à un ange, et jusqu'où seront-ils capables de s'abaisser pour répondre aux caprices de cet être fantastique ?

 

1er juillet 2007

 

Et si le sherif du film Le Train Sifflera Trois Fois avait échoué ? Et s'il n'avait pas réussi à arrêter les bandits qui menaçaient sa ville ? Et si les habitants de cette ville, en plus d'être des lâches, avaient impunément laissé les bandits battre leur marshall à mort, sans jamais protester une seule seconde ? Et si tout ceci n'était qu'une sombre machination qui aurait causé la damnation de toute la ville ? C'est sur ces interrogations que le film de Clint Eastwood, premier western mais deuxième long-métrage dirigé par l'acteur-réalisateur, poses ses bases, rendant ainsi hommage au film de Fred Zinneman. Vingt ans après le film de ce dernier, les choses ne paraissent guère avoir changé au Far West, et l'intégrité morale des villageois semble entachée par un secret inavouable dissimulé dans leur obscur passé.

 

Pourtant, les règles du Western, elles, ont évolué depuis ses débuts, et l'Âge d'Or du Western incarné par John Wayne a depuis longtemps fait place à un western usé, sali, à l'image d'une amérique désabusée, dont le final du Train sifflera trois fois marque les prémices. Ce Western dit Crépusculaire, n'hésite pas à montrer l'atrocité et la violence de la mort, ainsi que la cruauté d'une humanité défaitiste. Fini les duels au soleil, où après le signal, le premier qui fait mouche a gagné. Maintenant les gunfights ont lieu à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, et celui qui s'en sort est souvent celui qui n'hésite pas à tirer dans le dos de son adversaire ou à utiliser n'importe quel autre ruse pour survivre. Ce courant, entammé en partie par les westerns italiens, semble avoir inspiré Eastwood pour réaliser L'Homme des Hautes Plaines. Mais si les trognes de certains personnages ne sont pas sans rappeler les films de Sergio Leone, la psychologie des personnages, plus fouillée, se réfère d'avantage à La Horde Sauvage de Sam Peckinpah. Dans un film comme dans l'autre, protagonnistes et antagonnistes sont des êtres torturés par leurs erreurs passées, et même les héros sont victimes de leurs sentiments, parfois au point d'y laisser leur peau dans un élan fataliste. Des sentiments qui torturaient d'ailleurs déjà le héros eastwoodien du film Pendez-les Haut et Court de Ted Post en 1972, et dont le besoin de vengeance, thème récurrent dans les westerns de Clint Eastwood, était déjà la clé. Une filiation que l'on peut donc suivre tout au long de la carrière de l'acteur-réalisateur, et qui laisse présumer que si le héros n'a pas toujours de nom, il n'en est pas pour autant un étranger.

 

Car le personnage joué par Clint, s'il est présenté comme un étranger, n'est pas non plus un inconnu dans cette bourgade, plutôt un être que tous ont délibérément oublié. Mais lui n'a rien oublié, et son arrivée dans la ville va marquer un bouleversement irréversible dans le style de vie comformiste de ses habitants. Le film va même au paroxysme de cette idée et Eastwood s'amuse alors avec les règles du Western, allant jusqu'à les brouiller au travers des actions d'un anti-héros qui n'hésite pas à tourner codes et personnages en ridicule, voire à les humilier, faisant de la ville son territoire de jeu. Mais pourquoi agit-il ainsi ? La réponse nous est peu à peu dévoilée au travers de flash-backs qui nous révèlent une part de ce secret que partagent l'étranger, les villageois et les bandits sur le retour. Le film prend alors une tournure plus fantastique, ne laissant transparaître aucun indice sur la réalité tangible de l'Etranger. S'agit-il d'un ange-gardien aux méthodes quelques peu extrêmes, d'un fantôme revenu d'entre les morts, ou d'un démon venu sur terre pour chercher les âmes pêcheresses du village tout entier ? Si la fin du film ne nous donne pas de véritable explication, la solution la plus plausible serait celle du fantôme. D'ailleurs, le traitement de l'apparition/disparition du héros n'est pas sans rappeler celui des personnages fantastiques dans les films du même genre. Ainsi arrive-t-il, des les premières secondes du film, dans une sorte de brûme de chaleur, lui conférant dès lors un côté intangible. Mais la preuve la plus évidente de son appartenance au surnaturel est sûrement l'utilisation du hors champs lors des deux confrontations du héros avec les bandits. N'apparaissant pratiquement jamais dans le champ - et si c'est le cas jamais entièrement dans le plan, sinon dans l'obscurité - Eastwood semble être partout et nulle part à la fois. Cette utilisation du hors-champ, fréquemment employé dans les films fantastiques depuis La Féline de Jacques tourneur à l'Alien de Ridley Scott, en fait le chasseur qui a l'avantage sur sa proie. Invisible, intouchable, il s'impose comme maître de la scène et de l'action. Et comme toujours au cinéma, celui qui maîtrisera le hors-champ sortira seul vainqueur du combat.

 

Ainsi l'Etranger entraîne-t-il ses proies dans un enfer dont la ville ravagée par le feu, peinte en rouge et rebaptisée "Hell" en sont les signes avant-coureurs. Le Fantôme des erreurs passées a maintenant étanché sa soif de vengeance, et la vérité nous est dévoilée dans un décor final apocalyptique. Le final, qui n'est pas sans faire penser à des scènes quasi-identiques dans les films de guerre, semble même annoncer les scènes finales d'Apocalypse Now de F.F. Coppola de 1979, ou encore du Full Metal Jacket de Stanley Kubrick réalisé en 1987. Ce qui permet de s'interroger sur la portée politique du film d'Eastwood. Il faut rappeler que L'Homme des Hautes Plaines sort sur les écrans en 1972, date à laquelle les Etats-Unis sont encore embourbés dans une guerre du Vietnam interminable. À travers ce western, ne peut-on pas voir une lecture métaphorique témoignant du traumatisme des milliers soldats envoyés au Vietnam pour servir de chair à canon dans une guerre perdue d'avance ? Les fantômes du passé revenus hanter les villageois, ne sont-ils pas une allégorie rappelant au peuple américain et à son gouvernement le sang qu'ils ont sur les mains, et sur lequel s'est bâtie la réputation de la nation américaine (du massacre des natifs américains aux guerres plus récentes et encore d'actualité), une nation qui s'est rendue coupable des pires exactions pour son profit personnel, et qui doit maintenant assumer ses actes et ses erreurs passées ? En ce sens, la fin du film appellerait les américains à faire le deuil de leurs démons antérieurs et à mettre un terme au conflit. À l'image d'un nom enfin gravé sur une tombe, il leur faudrait maintenant rendre hommage aux hommes tombés au combat, et sur les cendres de l'ancienne ville, de l'ancienne nation encore maculée du sang des innocents, en reconstruire une nouvelle, épurée de toutes souillures.

 

 Si tant est que l'on puisse voir dans L'Homme des Hautes Plaines une lecture politique engagée de la part du réalisateur, il est certain qu'un film seul n'aura jamais décidé de la fin d'un conflit. Toujours est-il que le film de Clint Eastwood précède d'un an les accords de Paris appelant au retrait des troupes américaines, marquant ainsi la fin du plus grand fiasco des Etats-Unis. Simple western crépusculaire, essai fantastique ou encore film engagé, les lectures de L'Homme des Hautes Plaines sont multiples. Une chose est sûre cependant, c'est que ce film, par la qualité de son scénario et de sa réalisation, aura marqué son temps et en fait encore aujourd'hui l'un des chef-d'œuvres du genre.

 

  • À noter : diffusion de L'Homme des Hautes Plaines Mardi 3 juillet 2007 à 20H50 sur France 3.

 

  • À voir aussi : Le Train Sifflera Trois Fois de Fred Zinneman, Pendez-les Haut et Court de Ted Post…

2 avril

Tu ne m'as pas laissé le temps...


Le 4 avril prochain, cela fera un an que mon grand-père nous a quitté.


Plutôt que d'essayer de trouver de nouveaux mots pour lui dire qu'il nous manque, voici un poème écrit à l'heure de son départ.

Pour qu'il sache que nous penserons
toujours à lui, que nous l'aimerons toujours...


Notre Grand-Père


Notre Grand-Père

Avait les yeux de la Terre

Un peu bleu et un peu vers

Le sourire de notre Grand-Mère…


Notre Grand-Père

N’avait pas la peau claire

Et nous on en était fier

Du teint mat de notre Grand-Père…


Notre Grand-Père

Avait un rire doux et sincère

Il n’était jamais en colère

Mais courageux et volontaire…


Notre Grand-Père

Aimait cultiver sa terre

Il n’y avait jamais d’hiver

Entre les mains de notre Grand-Père…


Notre Grand-Père

N’avait pas voulu de la guerre

Il ne voyait pas de frontières

Il aimait la vie entière…


Notre Grand-Père

A tant aimé notre Grand-Mère

Emue, la nuit les laissa faire

Pour que naissent nos Pères, nos Mères…


Notre Grand-Père

Etait un peu comme un frère

Quand nous jouions là-bas derrière,

Dans le jardin de notre Grand-Père…


Quand notre Grand-Père

Nous montrait l’astre lunaire

Nous regardions notre Grand-Père

Tant nous éclairait sa lumière…


Notre Grand-Père

Nous a quitté la nuit dernière

Et nous n’avons rien su faire

D’autre que d’aimer notre Grand-Père…


29 mars

Can't Live Without You...


Avant de te rencontrer, je n'étais qu'une âme errante éclairée par le soleil noir d'un chaos funèbre. Dans cet enfer hivernal, j'ai lancé un ultime regard au ciel, espérant un signe qui n'arriverait jamais. Mais mon regard a croisé ta lumière, et ni mes yeux ni mon coeur ne pourront plus jamais oublier ton visage.


Dès lors, chaque instant, chaque seconde, je pensai à toi, à cette inaccessible étoile qui m'éclairait de ses rayons, de son sourire. Petit à petit, je me suis raccroché à ce souvenir, et même éclipsée par la distance, je t'imaginai près de moi, réchauffant mon âme comme jamais aucun soleil ne le fera, abreuvant mon cœur comme jamais aucune fontaine n'en sera capable…


Dans cette nuit qui possédait maintenant une lune, j'ai tissé mes sentiments pour toi, et j'en ai fait une corde pour me hisser jusqu'à ta lumière. J'ai fait des erreurs en chemin, et je suis même tombé de si haut une fois, que j'ai cru t'avoir perdu pour toujours…


Mais tu m'as pardonné, et je n'ai plus jamais abandonné…


J'ai lutté contre le temps, la distance, les orages. Je me suis écorché les mains sur cette corde encore fragile, mais je me suis accroché à mes sentiments, tellement plus forts que le vide autour de moi… Et un jour, tu m'as tendu la main. Alors, plus rien ne me semblait impossible. Tu m'as prise dans tes bras, et nous n'avons plus résonné que d'un seul mot ensemble : Amour.


Ta lumière m'a irradié, et depuis elle envahit mes poumons, coule dans mes veines comme un fleuve. Tu es mon oxygène, mon sang…


Je dois reconnaître mes défauts, même si cela m'est très difficile d'en parler comme ça. Mais je le dois. Pourquoi a-t-on peur de perdre ce qui nous est le plus précieux, et qu'on fait parfois ce qu'il ne faut pas, au risque de le perdre vraiment ? Pourquoi je n'arrive pas à me faire à l'idée que ta lumière éclaire d'autres âmes que la mienne ? Pourquoi je te coupe les ailes, toi, mon ange si généreux, si doux ? Pourquoi suis-je si possessif, si jaloux ? J'ai besoin de toi, et ma folie prend trop souvent le dessus sur ma raison fragile… J'ai juste besoin de ton aide, pour lutter contre mes démons…


Par tes mots, dans tes bras, au plus profond de tes yeux, de la saveur de tes baisers jusque dans la douceur de tes caresses, je sais ton amour. Il est ce que j'ai pu ressentir de plus fort dans ce monde. Il n'y a que lui qui pourra m'aider à lutter contre cette paranoïa maladive. Je veux lutter contre ce mal qui me ronge... Si tu le veux bien, mon amour, nous le vaincrons ensemble.


J'ai trouvé en toi mon âme sœur, ma moitié, celle qui me complètera pour l'éternité. On n'a qu'une vie, et c'est avec toi que je veux faire la mienne. Tu es ce qui m'est arrivé de plus beau dans la vie. Tu es ma vie…


Dans tes bras, dans tes larmes, c'est toi qui me désarmes.


Dans mon cœur, dans mon âme, je veux de toi pour Femme.


Sois ma Femme pour toujours…


Je t'aime.


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1 mars

Ma Tendre S.


Une graine s'est posée

Dans mon Jardin Secret

Amenée par le vent

Retombée dans mon champ…


Une plante a poussé

Dans mon Jardin Secret

Au mois de Février

Faudra la réchauffer…


Un grand arbre a poussé

Dans mon Jardin Secret

Arroser de soleil

Pour goûter de son miel…


Un bourgeon a germé

Dans mon Jardin Secret

Je vais le dorloter

Je veux pas l'abîmer…


Une fleur a poussé

Dans mon Jardin Secret

Je veux le voir s'éclore

Lui offrir tout mon Or…


Un beau fruit a poussé

Dans mon Jardin Secret

Je le cueillerai bien

Pour croquer en son sein…


Un verger a poussé

C'est mon Jardin Secret

Je veux le voir grandir

Et mourir de plaisir…


Merci d'être là mon Ange Gardien...


13 février

Petit Délire avec Yann sur les Ours à Lunettes

  Chopé chur le blog de Michterbook (http://spaces.msn.com/misterbook/) :

 

Chapitre 101 : ch'est quoi le mot de pache ? comment çha se met le titre ichi ?

 
 
"Ah cha y est ! on a réuchi à prendre le contrôle du blog ! On nous entend là ?
- Je crois que oui, idiot !
- Chers conchitoyens, chères conchitoyennes, nous chommes...
- On avait dit pas comme cha ! Laiche-moi faire ! Hum Hum... Au cas où vous vous demanderiez qui nous chommes, nous chommes deux ourches à lunettes. Comme vous le chavez touch, les ourches à lunettes chont très chavants et organichés en chochiété dont la bache checrète che trouve à...
- Mais non le dis pas ! On va che faire engueuler encore pluch !
- Une peluche ? où cha ? J'adore cha !
- Non on va che faire engueuler très fort...
- Pourquoi ?
- Pour la bache checrète !
- Tu l'as dit  ?
- Non ch'est toi qui allais le dire !
- Je ferai jamais cha !
- Bon laiche moi continuer... Comme mon confrère le dichait chi juchtement, nous ourches à lunettes, chommes chenchés churveiller le chiel et la planète Terre pour la chauver des catachtrophes qui la menachent. Or...
- OR UN ACH... UN ACH... UN METEROIDE GEANT VA DETRUIRE NOTRE PLANETE !!!!!
- Mais t'es malade de le hurler comme cha ! Cha va être la panique comme dans Deep Impact ! Il est fou ! Mais ch'est vrai... Nous avons choichi de combattre chette épée de Damoclèch qui menache l'humanité. D'après nos chavants calculs et toutes nos chtatichtiques, il devait atteindre la Terre d'ici cinquante millions d'années. Même la NACHA n'est pas au courant !
- Nos plus grands chpéchialichtes et inventeurs che penchent sur la quechtion. Les idées les plus folles ont été envichagés. Malheureusement, notre chef, le grand Ourche à lunettes, le plus chage parmi les chages ne valide aucune de nos propochitions. Par exemple, j'ai moi même propoché de téléporter la Terre à côté de Pluton, loin de la trajectoire de l'achtéroïde mais le grand Ourche dit que la moitié de l'humanité mourrait gelé inchtantanément et l'autre d'achphixie.
- Nous avons tout envichagé pour agir checrètement : nous avons même  fait appel au Capitaine PasNet mais il a propulché l'achtéroïde un peu pluche en avant ! Elle devait atteindre la Terre d'ici 40 millions d'années !
- N'écoutant que notre bravoure et déchobéichant au grand ourche, nous avons emprunté un vaicheau chpatiale à Europapark (l'Euro Chat, cha ch'appelle) pour zapper et griffer che gros caillou de l'echpache. Nous avons réuchi à le bricher en morcheaux. Mais ils arriveront en pluie d'ichi 30 millions d'années...
- On ch'est fait engueuler en pluch !
- Où cha une peluche ?
- Là-bas à droite, vas-y!
- J'y cours...
- Pendant qu'il est pas là, je continue... Donc on chait plus trop quoi faire... Alors on a penché à tourner un film pour tout vous expliquer, à vous, humains. Pas un vrai film avec nous dedans chinon vous comprendriez rien, comme quand les manchots empereurs de "La marche de l'empereur" ont echayé de vous prévenir pour le tchunami... Alors on va le faire en pâte à modeler avec des doubleurs...
- Y'avait rien là où tu m'as dit ! Tu dichais quoi ?
- Le film, les doubleurs...
- Ah oui ! Nous cherchons donc des doubleurs pour faire nos voix humaines afin que le film choit compréhenchible par touch.
- Certains dichent que nous chommes doués, ch'est le cas ! Par exemple, je fais très bien la choupe aux chaumons, du trampoline, du jonglage...
- Et moi, je cuichine très bien la chauchiche de Chtrachbourg où che trouve notre bache checrète
- Ch'est pas vrai, tu l'as dit !
- Quoi ?
- Pour la bache checrète !
- A Chtrachbourg ? au chantier chous la gare ?
- Mais tu l'as redit ! On va che faire engueuler encore plu... énormément !
- Oh zut, zut, zut... ch'est pas moi grand ourche, ch'est lui !
- Chaprichti, tu caftes en pluch !
- Une peluche ? où cha ?
- Là-bas à gauche !
- J'y vais...
- Vous m'avez appelé mes petits ourches ?
- Le grand ourche à lunettes, je chuis perdu ch'il me trouve... On che tire vite... Oubliez pas chi vous êtes interrechés par le doublage...
- Toujours pas vu cette peluche... Et me tire pas comme cha ! Tu leur as dit pour les idées ? Chi vous avez des idées pour l'achtéroïiiiiide...
- Bah ils sont pas là mes petits ourches ? j'avais pourtant cru les entendre m'appeler... Oh ch'est quoi ça ? Un blog pour moi... Je vais écrire mes mémoires...
Yann : et t'es qui toi ?
- Au checours un humain... chauve qui peut... Je ferme sur la touche "Publier" et j'y vais..."
4 février

L'Ami Palestinien ne viendra plus…

Pour un seul de mes deux yeux,
d'Avi Mograbi (2005)

 

 Les propos qui suivent sont des pensées personnelles. Je ne veux heurter personne en prenant parti pour l'un ou l'autre des deux camps (et à vrai dire, il est même .prétentieux de ma part de l'envisager, étant donné que sûrement peu de personnes liront ce billet). Mais en allant voir le film du réalisateur israélien ce soir, il m'est apparu que, derrière un simple film documentaire qui prend parfois la forme combative d'un doc de Michael Moore, Avi Mograbi réussit à pointer du doigt l'absurdité du conflit israélo-palestinien, mieux que quiconque ne l'aurait fait.

 

 

3 Février 2006

Pour un seul de mes deux yeux se divise en trois types de séquences :

- Les séquences en plans fixes du réalisateur lui-même, lors de conversations téléphoniques avec un ami palestinien désespéré, et dont on ne saura jamais l'identité. Si l'on peut se demander dans un premier temps quelle est l'utilité de se filmer soi-même, on comprends vite, par l'intensité et la gravité des propos exprimés, le sentiment de nécessité de la part du réalisateur de garder une trace de ces discussions, comme témoignage d'une interview impossible en face à face, à cause d'un rempart grillagé séparant l'état d'Israël de la Palestine, et qui n'aura d'autre possibilité que de se faire à distance, renforçant ainsi les images d'extérieur.

- Les images "sur le terrain" justement, qui décident de montrer la réalité d'un enlisement dans le conflit entre israëliens et palestiniens, du fait que chaque côté ne peut, ou plutôt ne veut comprendre les problèmes des autres. Si la manière de filmer, caméra à l'épaule et images prises sur le vif, sert bien l'effet de réalisme et contraste parfaitement avec les images de la conversation téléphonique (où le conflit n'est plus sur le terrain, mais bien dans nos consciences), l'effet, poussé à l'extrême, est parfois pénible pour le regard et dessert alors quelque peu le propos, le spectateur étant plus occuper à calmer ses nausées qu'à prêter attention au film.

- Les séquences méditatives concernant deux grands mythes juifs, transmis ici aux jeunes générations : ceux de Samson, héros à la force "échevelée" (ou tirée par les cheveux, comme vous préfèrerez) qui sauva son peuple en entraînant des milliers d'ennemis dans sa mort, et celui de Massada, où les derniers zélotes, encerclés par les romains, préférèrent se donner la mort plutôt que d'être asservis par leurs ennemis. Mais ces mythes sont-ils si louables qu'ils n'y paraissent ? Ici, la caméra s'attarde sur les visages des jeunes et des moins jeunes, les laisse s'exprimer, respecte le point de vue de chacun, tout comme elle respecte celui des anciens, qui ont connus d'autres souffrances et d'horribles persécutions, il n'y a pas si longtemps, et qui ont maintenant pour devoir de transmettre leur savoir. Le démantèlement de ces mythes se fera de lui-même.

 

D'autres séquences viennent compléter le film, bien sûr. Mais, tout en se faisant écho, ces différentes images nous délivrent un message dont le sens ne sera jamais dit à voix haute. Ce message, c'est celui de l'absurdité de la situation qui oppose encore aujourd'hui palestiniens et israëliens, qui n'ont finalement qu'un rêve commun: vivre libre.

 

 

 

Ainsi, que penser de ces scènes où, enclavés derrière ce mur grillagé, des palestiniens ne peuvent passer traverser une frontière qui n'a pas de raison d'être, séparant familles, amis, empêchant même les malades de pouvoir se faire soigner dans un hôpital proche ? Mis en relation avec les explications des guides du site de Massada, où ceux-ci nous racontent comment les romains dressèrent une enceinte autour de la falaise pour mieux faire le siège de la cité et attendre la reddition des juifs zélotes, avant de les condamner probablement à l'esclavage ; les appels de détresse des palestiniens, souffrant une vie de misère, dénonçant l'entrave de l'armée israélienne qui retarde l'ouverture des grilles et semble prendre un malin plaisir à voir cette population piétiner sous le soleil, se retrouvant ainsi "emprisonnée", ne nous semblent pas si éloignés du sentiment de désespoir de ce peuple juif voué au suicide collectif… D'ailleurs, les propos d'un palestinien "puni" par les soldats israélien pour s'être retourné, exprime bien ce sentiment de soumission, d'humiliation, voir d'esclavage inacceptable que subit son peuple, tout comme craignaient de le subir les derniers juifs de la cité zélote face à l'envahisseur romains. Que reste-t-il comme solution à chacun d'entre eux, face au désespoir de voir sa vie anéantie, brisée, opprimée ? Quand les guides demandent aux jeunes touristes israëliens ce qu'ils auraient fait s'ils avaient été à la place de leurs ancêtres, ceux-ci choisissent en majorité le combat, plutôt que le suicide. Alors que d'autres adulent ces zélotes qui ont préféré tuer femmes et enfants et proférer des crimes plutôt que de donner aux romains le plaisir de les voir assujettis, la jeune génération pourra-t-elle comprendre que dans une même situation, les palestiniens choisiraient eux aussi les armes plutôt que de voir leur liberté s'amoindrir de jours en jour ?

 

 

 

Une fois de plus, je le rappelle, je ne tiens en aucun cas à justifier ni la guerre, ni les attentats palestiniens. Mais ce héros qu'était Samson et que certains idolâtrent à l'extrême, n'était-il pas l'un des premiers kamikazes de l'histoire ? En détruisant le temple des philistins, lors d'une dernière prière à son dieu porteuse d'un message de vengeance, n'a-t-il pas fait autant de victimes que les attentats suicides d'aujourd'hui n'en font ? Les actes de Samson, agissant par désespoir, peuvent-ils être justifiés si ceux des palestiniens terroristes ne le sont pas ? Si les israéliens ont le courage et le mérite d'une volonté de conserver les souvenirs des souffrances de leur peuple, et accomplissent ainsi pleinement leur devoir de mémoire, n'est-il pas regrettable qu'il ne mettent pas autant d'efficacité à essayer de comprendre les souffrances d'un peuple qui se retrouve à son tour aujourd'hui dans la situation de victime ?

 

 

 

Des images d'une fête viennent un moment éclairer le film d'une lumière noire. On voudrait chanter, danser avec ces gens qui semblent s'amuser, mais on déchante vite, lorsque l'on comprend, trop tard, que cette fête n'a rien d'une ode à l'amour, mais qu'il s'agit d'une manifestation en l'honneur d'une communauté de juifs fascistes dont l'hymne reprend les dernières paroles belliqueuses de Samson. Cette séquence nous plonge dans le désarroi, l'incompréhension et, comme un écho, les propos suicidaires du correspondant palestinien du réalisateur finissent par nous achever. Toutes les guerres sont perdues d'avance. Quel que soit le camp choisi, il n'y aura jamais de vainqueur.

 

 

 

"Où sont les romains aujourd'hui ?", demande un professeur israélien à ses jeunes élèves vers la fin du film, en haut de la forteresse de Massada. "Vous ne les trouverez pas ici, mais dans les livres d'histoire". Permettez-moi de douter, monsieur le professeur, que l'ennemi soit parti. Peut-être n'est-t-il plus romain, mais il n'a jamais cessé d'exister. Il est resté tapi, dans l'ombre, attendant son heure, et il attaque quand on s'y attend le moins, profitant de nos moindre faux pas pour nous assaillir. Il a juste changé de visage, pour que nous ne le reconnaissions pas quand nous l'avons en face de nous. Et le pire, c'est qu'aucun grillage, aucun mur, aucun rideau de fer ou de pierre ne pourra jamais l'empêcher de commettre les pires atrocités, car cet ennemi réside en chacun de nous : c'est nous-même. Celui dont nous croisons le reflet chaque matin, dans la glace, et qui, au lieu de chercher à œuvrer en faveur de la paix, choisit de laisser les choses empirer, jusqu'à l'inéluctable.

 

 

 

En réalisant ce film, Avi Mograbi nous prouve qu'il est possible de vaincre cet ennemi intérieur. La séquence où le réalisateur se met en colère contre les soldats de son propre gouvernement et qui empêchent le passage d'écoliers palestiniens innocents de l'autre côté du barrage, est un bel exemple de bravoure et de lutte contre ce "racisme ordinaire". Et plus qu'une dédicace aux propres enfants du réalisateur, qui refusent de prendre les armes pour tuer leurs voisins, le film est à dédier à tous les israéliens et palestiniens qui, hier, aujourd'hui et demain, ont su, savent et sauront regarder au-delà de leurs différences pour se prendre par la main et construire ensemble un monde meilleur. Un monde de paix…

 

 

 

 

·        À voir aussi : Free Zone et Kedma d'Amos Gitaï, La Fiancée Syrienne d'Eiran Riklis, Fahrenheit 9/11 de Michael Moore.

2 février

"Nous n'avons pas les mêmes valeurs…"

Lifeboat, d'Alfred Hitchcock (1943)

 

Ceux qui ne démordent plus de la série dramatique Lost devraient facilement se laisser séduire par ce petit bijou en noir et blanc. C'est en effet le même principe, celui de la survie d'un groupe de rescapés, que le Maître nous propose dans Lifeboat, un peu plus de 60 ans avant J.J. Abrahams, et sur des facteurs de temps, d'espace et d'action bien plus courts.

 

 

1er février 2006

 

Lifeboat pourrait s'apparenter à une tragédie classique, tant les 3 unités y sont réduites :

- Le lieu d'abord, un canot de sauvetage, perdu au beau milieu de l'océan. Rescapés d'un naufrage après le torpillage de leur bateau par un sous-marin nazi, une demi-douzaine d'américains issus de milieux différents, va se retrouver embarquée dans la même galère.
Une sorte de huis clos maritime, ou les protagonistes, confinés à l'extrême, n'ont d'autre choix que de cohabiter.

- Le temps ensuite. Ici, il ne dépasse guère une dizaine de jours, peut-être moins. Pourtant, le calvaire de ces hommes et de ces femmes est si long, et parsemé de tant de retournements de situations, que leur dérive semble durer une éternité.

- Enfin l'action, autrement dit l'intrigue, si elle concerne bien la survie de ces naufragés, se complique un peu lorsque, parmi les débris, ceux-ci récupèrent par hasard un officier allemand, réchappé de son sous-marin, coulé lui aussi. Dès lors, la survie n'est plus seulement physique, mais aussi morale, et chacun, en plus de se confronter aux autres, devra aussi se confronter à lui-même, à ses préjugés, ses convictions et ses valeurs morales, pour ne pas succomber à la facilité. Ainsi, la néo-bourgeoise devra-t-elle sacrifier tout ce qu'elle a durement acquis, pour sauver l'équipage, et les hommes les plus endurcis devront résister à l'envie d'envoyer par le fond le militaire nazi, sans autre forme de procès, et parviendront même à lui trouver pour un temps une fonction assez inattendue à bord de leur embarcation de fortune. Pourtant, on connaît les goûts politiques d'Hitchcock, et la fin du film, si elle reste amère, comme souvent, ne nous surprendra pas.

 

 

Pour en revenir à Lost, on découvre au fur et à mesure du film des situations qui ne sont pas sans nous rappeler la série d'ABC. Si l'histoire ne se déroule pas sur une île, mais sur une simple barque, elle y gagne une crédibilité dans les faits, ainsi qu'un resserrement de l'action intéressant (mais aurait-on vraiment pu faire une série sur un simple canot de sauvetage
et ses passagers ?). Les personnages eux aussi, nous semblent familiers : Un médecin,
des techniciens, une femme égocentrique, une mère et son bébé, un homme qui pourrait changer de camp à tout moment, et même…un personnage sur le point de perdre l'usage d'une de ses jambes !). Bien sûr, les techniques de survie sont les même (orientation, assignations de postes, rationnement et récupération improvisée de nourriture), et des couples viendront même à se former… Pourtant, tous ne pourront survivre à cette aventure, bien qu'ici, le surnaturel n'intervienne pas pendant leur dérive. Ne craignez donc pas de voir surgir quelconque monstre marin, et n'oubliez pas que les Autres, c'est notre regard, avant tout, qui les crée.

 

 

 

Il est intéressant de noter l'importance qu'Alfred Hitchcock accorde aux pieds dans ce film. Dans ce lieu ou toute déambulation (physique, sous-entend) est impossible, et alors même que l'un des passagers se voit privé de l'utilisation d'un des siens, plusieurs gros plans de pieds et de chaussures interviennent, dévoilant parfois les sentiments des personnages. On s'amusera d'ailleurs à répertorier les différentes utilisations que les naufragés feront de la "chaussure en trop", lacet y compris, en en faisant ainsi un réel outil de survie plus indispensable qu'un couteau suisse…

 

 

 

En conclusion, Lifeboat est dans l'œuvre d'Hitchcock un film fondateur. En ce sens, il se rapproche beaucoup de La Chevauchée Fantastique de John Ford, où comment, au delà de leurs différences sociales et morales, des personnes que tout oppose vont, en se retrouvant à égalité face au danger, s'unir pour survivre, et permettre ainsi la naissance non d'une nation, mais d'une conscience de communauté salutaire. Dommage qu'ici, ce raisonnement ne soit qu'unilatéral et monochrome, que les personnages ne soient pas plus fouillés et plus complexes, comme ils le sont dans Lost, et que le Maître ait ainsi permis (parmi tant d'autres) d'ouvrir la voie à un courant de pensée américain ("Nous sommes les gentils, les méchants doivent être punis" ; "Il n'y a que le Bien et le mal, aucun entre-deux n'est possible" ou encore "Les Américains vont sauver le monde à eux seuls, vous verrez…") auxquels de nombreux cinéastes, comme Emmerich, succombent trop facilement. Malheureusement, il faut croire que certains présidents regardent un peu trop ce genre de films, et prennent trop souvent la fiction pour la réalité…

 

 

 

·        À noter : sortie d'une version collector double DVD du film, le 4 janvier 2006,
dans la collection "Cinéma Référence" ; aux éditions Fox Pahté (19,99 €).

 

·        À voir aussi : La Chevauchée Fantastique ; Lost

22 novembre

Insomnies 2 (Attention, ce billet ne contient aucun spoiler sur la mort !)

Cela fait plusieurs nuits moi aussi que je n'arrive pas à trouver le sommeil. À croire qu'il n'est jamais là quand on le cherche...

 

Je me pose des questions. Sur la mort. J'avais lu, je ne sais plus où, que la mort, c'était un peu comme fermer les yeux, se boucher les oreilles, arrêter de respirer... Un peu comme ces trois singes ridicules qu'on voit dans toutes les boutiques pour être à la mode. Oui, les mêmes qu'on retrouve dans toutes les boutiques pour être kitch à souhait... Sauf que dans la mort, il y aurait un quatrième chimpanzé, qui cacherait son cerveau entre ses mains. Ne plus penser. Ne plus exister. Ne plus être. Plus rien.

 

Merde...

 

Alors à quoi ça rime tout ça ? Ce simulacre de liberté ? La vie ? Certains pensent que la vie est une sorte de grandes vacances. Au point où j'en suis, j'ai l'impression d'être au milieu de ces grandes vacances, vous savez, le moment où on s'ennuie, où on ne sait plus quoi faire. Mais en même temps, j'ai peur. Peur que ces vacances se finissent un jour.

 

Et je me pose des questions. À quoi sert la vie ? Devons-nous vraiment travailler pendant ces vacances ? Quel sera le programme de la rentrée, quand les vacances seront finies ? Quelle est la destinée des hommes ? Si nous ne pouvons vivre éternellement, quelle est la raison de notre passage ici-bas ? Devons-nous laisser notre emprunte sur Terre, pour les générations, et surtout les espèces à venir ? Aurons nous seulement une chance de leur laisser un autre héritage que celui de l'Apocalypse ? Peut-être notre venue au monde est elle simplement  l'occasion de trouver un sens à notre destinée…

 

Tous les soirs, après de longues heures de méditation, je finis par m'endormir. Désolé, Jude, je préfère ne pas prendre de ces pilules qu'ils essayent de nous faire avaler. Je sais qu'elles m'aideront à trouver le sommeil, mais pas les réponses à mes questions…

 

Je veux juste des réponses…

8 novembre

Tous les Cow-Boys ne s'appellent pas Eastwood…

 Django, de Sergio Corbucci (1966)

 

Il y a des films, comme ça, qui vous marquent à vie. Qui vous poursuivent.
Des films dont vous ne savez rien, mais qui savent tout de vous.
Un vieux Psychose, un Western oublié… Bref, un de ces films qui changent votre vie, qui vous font aimer le cinéma par dessus tout et dont vous partirez toujours à la recherche comme une âme errante… Django était pour moi un de ces films là…

 

 

7 Novembre 2005

 

Il y a dix ans, peut-être plus, une nuit que je regardais secrètement la télévision, je suis tombé en zappant au hasard sur un vieux western. Un cimetière à l'abandon, un homme seul, aux mains ensanglantées, un pistolet qu'il ne peut plus tenir... Une horde de méchants, le chien du pistolet relevé et une fusillade improbable. Cette scène m'avait fortement impressionnée, d'autant plus qu'il s'agissait de la séquence finale d'un film dont je ne savais rien. À l'époque, j'étais passé maître dans l'art de finir des films dont je n'avais même pas vu le début et inversement, et ces plaisirs souvent nocturnes m'ont plus que tout donné l'amour du cinéma, ce besoin de retrouver de vieux films d'après quelques vagues souvenirs.

 

Depuis cette époque, j'ai grandi, passant une bonne part de mon temps à regarder d'autres films, d'autres westerns aussi. J'ai découvert de nombreux classiques du genre, notamment les «Westerns Spaghetti», bien souvent jugés inférieurs, mais qui restent à mes yeux parmi les meilleurs westerns qui soient pour certains. J'y ai alors trouvé une icône, un visage. Ce visage, c'était celui, mystérieux, de Clint Eastwood, caché sous un chapeau qu'il relevait sombrement d'un geste de la tête froid et interminable, laissant découvrir son regard d'acier, un cigare à la bouche, le tout accompagné de son célèbre poncho et de ses bottes poussiéreuses. Et ce visage m'a tellement marqué, qu'il a réveillé en moi ce souvenir endormi du cow-boy solitaire, disloqué, perdu dans son cimetière. Peut-être étais-je trop naïf encore pour croire que tous les cow-boys s'appelaient Eastwood (j'apprendrai plus tard que certains s'appelaient Wayne), toujours est-il que pour moi, cela ne faisait plus aucun doute : Cet homme mal rasé, désabusé, sanguinolent, ne pouvait être autre que ce bon vieux Clint !

 

Pendant les années qui suivirent, je me mis frénétiquement à rechercher tous les westerns que l'acteur ait pu tourner, les regardant en cassette, en DVD ou à la télévision, et pestant de toutes mes forces quand il m'arrivait d'en rater un, que je n'aurais sûrement pas l'occasion de revoir avant de nombreuses années. Mes recherches progressaient, lentement, mais sûrement, éliminant un à un les films avec Clint qui n'étaient pas LE western de mon enfance. Tout allait pour le mieux… Jusqu'à ce que ce soir, je ne sois obligé de faire table rase de mes préjugés et de mes convictions les plus fortes. Tout s'écroulait comme un château de carte, comme un fort s'effondre sur ses fondations…

 

Au cours de ces années pourtant, j'aurais dû me douter que quelque chose clochait. À force de regarder tous ces westerns… Tiens, Clint Eastwood ne joue pas dans celui-là… C'est possible, ça ? Et puis vint un jour, à la projection d'un western moderne, ou même devrais-je dire d'anticipation, avec machines destructrices, voyages dans le temps, traversée du désert et usine d'acier en fusion à la clé… Après la projection, je discutais du film avec un ancien professeur de cinéma que j'admirai beaucoup pour ses discours passionnés sur le Septième Art, et je lui dis que l'œuvre que nous venions de voir portait pour moi, dans son traitement des scènes de violence, la marque de Peckinpah, et notamment de son Wild Bunch. Ce à quoi il me répondit le plus naturellement du monde que le troisième volet de ce film de S.F. se référait pour sa part à un autre western du nom de Django. Djan… Qui ? Connais pas, balbutiais-je, un peu honteux d'avoir si peu de culture, mais intéressé de découvrir ce nouveau film. "Mais si, renchérit-il ! Le cercueil qu'il traîne partout avec lui et ce qu'il y cache (désolé, mais le supplice de Pandore était trop tentant, je vous laisse voir le film pour découvrir la réponse !), on retrouve exactement les mêmes éléments que dans Django !" Le maître ayant une fois de plus dépassé l'élève et pas plus avancé pour un sou, je quittai mon professeur après un inoubliable week-end cinématographiquement riche, et quelques films en plus dans ma liste déjà longue de ceux à découvrir.

 

 

L'anecdote aurait pu être des plus banales, si ce titre n'était pas reparu plusieurs fois au long de ma morne existence d'aventurier à la recherche du film perdu, comme un phare déchire la nuit et le brouillard pour guider les marins vers le port salut. Ainsi, ai-je recroisé ce titre à de nombreuses reprises, bien souvent dans des magasins de vidéo, ou même chez des marchands de journaux qui vendent aussi ces magasines souvent accompagnés de DVD dont on pense qu'ils sont des navets, surtout lorsqu'ils sont vendus par deux pour un prix moyen, mais dont on ne soupçonne jamais la richesse et l'intérêt. Ces magasines qu'on regarde avec envie, mais qu'on n'achète jamais, finissant toujours par le regretter… Et puis, il y a quelques jours, alors qu'à mon habitude, je m'abandonnais à déshabiller du regard toutes les étagères DVD d'un grand magasin à vocation culturelle, mes yeux s'arrêtèrent avec envie sur les formes voluptueuses du rayon Western, et plus particulièrement vers la plus fine de ces créatures, dont la jaquette aussi mince qu'élancée laissait à peine entrevoir le nom de cette œuvre sublime. Tiens tiens tiens… Django… Oui, Django, le film dont m'avais parlé quelques mois plus tôt mon ancien professeur, et qui avait tant retenu mon attention. Comme à l'accoutumée, j'admirai cette jolie rondelle, avant que mes yeux ne découvrent le prix qu'allait me coûter cette pièce de collection. Le bras tremblant, je reposais alors dans un geste incertain et plein de remord cette poupée au milieu de ses sœurs. Depuis ce jour, mes nuits ne furent plus hantées que par ses cris qui hurlaient "Prends-moi ! Achète-moi !" Je ne voyais plus qu'elle, et quand je me promenais dans un autre magasin, chaque DVD que j'apercevais semblait être celui de ma folie. Pour mettre fin à cette malédiction, je me précipitai de nouveau vers le rayon de l'Ouest lointain, espérant un miracle, mais non ! Son prix n'avait pas baissé… Et que fallait-il attendre pour qu'il monta au lieu de descendre…

 

Finalement, je ne pus résister plus longtemps. Je me procurai rapidement le film en question, et le soir même, je visionnai cette œuvre dont on m'avait dit tant de bien…

 

Dès le début du film, tout en lui me charmait déjà…Sa musique, ses couleurs chaudes et criardes, si typiques de ces films italiens dont je raffolais, tout comme dans les films d'horreur de Bava, Fulci et autre Argento. Et cet homme égaré, marchant seul dans le désert, traînant derrière lui un cercueil et suintant la mort par chacune des pores de la peau… Je résistai aux voix qui me disaient que ce n'était qu'un western spaghetti de plus, une vulgaire parodie des films de Leone, tant ses séquences étaient belles, ses duels uniques : une contre quatre, quatre contre quatre, quatre contre un, un contre dix, un contre quarante, un contre lui-même… Et puis vint cette scène, ou "un" se fait insoutenablement broyer les mains, le rouge sang saturé de cette sauce spaghetti coulant alors pour mieux venir inonder l'écran. Et cette évocation d'un cimetière, comme dans le film de mon enf… Oh mon Dieu, non. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas lui ! Ou alors, Clint va surgir d'un buisson, va prendre la place de Django et… Mais la séquence du cimetière arrive, je reconnais cette tombe, ces bandages sur ces mains et ce pistolet au chien relevé, et toujours pas de Clint en vue. Peut-être était-il malade ce jour là, ou peut-être avait-il juste pris quelques jours de congé… Mais tous les cow-boys ne s'appellent pas Eastwood, et celui que j'ai en face de moi remplit pourtant son ouvrage avec la même énergie qu'il le faisait déjà il y a dix ans. C'était bien lui. Franco Nero. LE Django. Il n'a pas pris une ride. Même si mes souvenirs étaient un peu flous, la pellicule, elle, même sous forme de 1 et de 0, ne ment pas. Jamais. Vous savez, le Cinéma… La Vérité…

 

 

·        À noter : réédition du DVD de Django, dans la collection "Les Introuvables",
aux éditions Wild Side, 12, 99 €.

 

·        À voir aussi : Le Garde du Corps, d'Akira Kurosawa, Pour une poignée de dollars, de Sergio Leone., La Horde Sauvage, de Sam Peckinpah.